Le corner enfants

Le corner enfants

Chouette, on va pouvoir jouer à la poupée!! Vous avez sans doute remarqué que depuis quelques temps un corner enfant est apparu sur la boutique. Les mini-moiselles  commençaient à être très jalouses de leur maman!! Et puis,  je crois que je ne suis jamais sortie vraiment du monde de l’enfance, un monde merveilleux.

J’ai choisi des créateurs dont l’univers est plein de poésie. J’aime celui de Plumette, rempli de draps anciens qu’elle teint et réutilise à sa façon; Sophie Levitte et son univers peuplé de tissus vintage qu’elle chine avec passion; Atelier L.Z.C et leurs imprimés tendres et poétiques; Minus édition et ses drôles de petits livres; Mélazic et son univers de princesse; Zoé la Fée et ses mélanges d’imprimés chatoyants…D’ailleurs la collection automne-hiver 2014 sera bientôt en ligne.

Ann Rocard

Évidemment, il me fallait un invité surprise pour fêter cette ouverture avec les tous petits. j’ai donc demandé à Ann Rocard célèbre auteur d’histoires d’enfants de nous concocter une jolie histoire rien que pour nous. C’est ce qu’elle a fait avec une rapidité et une facilité déconcertante. J’ai donc voulu en savoir davantage sur Ann dont la personnalité m’a tout de suite fasciné.

IF

« Je suis née le 23 février 1954. D’après les croyances égyptiennes, ceux qui naissent un 23 doivent se méfier des crocodiles. Est-ce pour cela qu’ils apparaissent souvent dans mes histoires pour enfants, mais ne croquent jamais personne ?

Je me partage entre Normandie et Bretagne, toujours proche de la mer. Cris de mouette et embruns assurés !

Mon parcours professionnel ? D’abord aide-éducatrice et animatrice de centre aéré pendant mes études, mais aussi baby-sitter, animatrice de théâtre et de poterie, j’ai travaillé ensuite comme psychologue pour enfants jusqu’en 1980 (école de malentendants – et IMP-IMPro), tout en animant des ateliers de théâtre depuis 1976 jusqu’à maintenant.

Après la naissance du premier de mes quatre fils, je me suis consacrée à l’écriture, au théâtre… et à mes enfants.

Quand mon grand-père m’avait offert un castelet de marionnettes qu’il avait fabriqué, j’avais alors 10 ans et je me suis mise à écrire des scénarios de marionnettes et les aventures d’Azertyuiop sur sa vieille machine à écrire. Depuis cet événement, j’ai toujours écrit, n’imaginant pas une seconde que cette activité deviendrait un jour un métier. Sur les conseils d’un ami instituteur, j’ai proposé des textes à des journaux et des éditeurs en 1977… et les premiers sont parus en 1978.

Vous vous en doutez, je ne m’ennuie jamais entre l’écriture, le théâtre, la création de « textes-îles », la mer, le jardin, la musique, les échanges de courriels avec les lecteurs et acteurs des quatre mers du monde… sans oublier mes petits-enfants, mes quatre grands fils, ma famille, mes ami(e)s et de multiples passions. Heureusement, les journées durent parfois 48 heures !

Comme je déteste la monotonie, j’aime changer de registres (théâtre, chansons, comédies musicales, contes, romans, nouvelles…) et m’adresser à des lecteurs et acteurs de tous âges. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter mon site et à me laisser un message auquel je répondrai le plus vite possible pendant la 49e heure de la journée ! (www.annrocard.com)

 

Comment construisez vous vos histoires? J’ai remarqué que vous vous documentiez beaucoup. Est-ce systématique?

Cela dépend de la longueur des histoires et du thème abordé. 

En ce qui concerne les histoires courtes pour enfants, les sketches, les nouvelles pour adultes, ne nécessitant pas de recherches, je laisse mon stylo courir tout seul sur le papier. Il s’agit pratiquement d’écriture automatique car je ne modifie presque rien à la relecture.
Parfois, je réalise tout d’abord une « boîte à mots », notant tout ce qui me passe par la tête, mots, expressions, idées, et je puise ensuite dans cette « boîte », ne retenant souvent qu’une partie de son contenu.
S’il y a un ou plusieurs thèmes, je fais des recherches. Par exemple, un lycée espagnol m’a demandé l’an dernier une pièce sur le Commerce triangulaire, thème difficile à aborder. Autre exemple : une troupe professionnelle de Bourgogne m’avait commandé une « pièce drôle et cultivée » sur le vin… tout un programme ! Quand j’ai écrit « Mathilde, Jean, Paul et les autres — printemps 44 » pour les éditions Grasset, je me suis plongée dans les documents prêtés par le Mémorial de Caen, j’ai longuement discuté avec l’historien de ce grand musée, j’ai également rencontré des témoins qui avaient vécu dans mon village sous l’Occupation et pendant le débarquement du 6 juin 1944… et j’ai mélangé le tout à la sauce imagination !
Les thèmes sont très variés, ce qui rend mon travail de recherche passionnant ! Toute recherche alimente l’imagination, même si elle n’aboutit pas à quelque chose de concret.
En ce qui concerne les textes longs (romans, longues pièces de théâtre), je trace un fil conducteur en demi-cercle sur lequel je note mes idées. Rien n’est figé, je peux déplacer les événements, en supprimer, en ajouter…
Vous pouvez voir comment j’ai écrit par exemple « Mystères au collège Jules Verne » pour les éditions Grasset, car j’ai rédigé en parallèle un document qui raconte l’histoire de ce livre du premier projet jusqu’à la parution (http://www.annrocard.com/articles.php?lng=fr&pg=1706).
Après le fil conducteur très visuel, je rédige le texte, le relis, le retravaille… Pour les romans, cela peut durer fort longtemps. Pour le théâtre, j’écris beaucoup plus vite. Mais… il y a un « mais » ! En général, je ne complète jamais la dernière partie de mon fil conducteur, car je déteste connaître la fin quand j’invente une histoire.
Quels conseils donneriez vous à un jeune auteur qui aurait envie de se lancer?

Beaucoup de courage ! Si vous ne connaissez personne dans l’édition (ce fut mon cas il y a belle lurette), il faut vous armer de patience.

Dans un premier temps : allez dans une librairie voir quels sont les éditeurs qui pourraient être intéressés par vos textes. La presse est un bon tremplin ; regardez les journaux pour enfants ou ados pour découvrir ceux qui correspondraient le mieux à ce que vous écrivez. Maintenant, Internet existe et permet de rechercher facilement les adresses, les éditions à contacter. Autrefois, il fallait feuilleter les bottins (c’est ce que j’avais fait en 1977) !
N’hésitez pas à envoyer vos textes (dactylographiés, sans fautes, avec vos coordonnées) à plusieurs journaux et éditeurs à la fois, car certains mettent très longtemps à répondre… ou ne pas répondre du tout.
Vous recevrez de nombreuses lettres toutes faites vous disant que vos textes ne correspondent pas à ce qui est recherché. Une fois, j’avais reçu pour l’un de mes romans « adultes » une lettre d’un célèbre éditeur que j’ai conservée : « …. Nous n’avons pas le temps de vous lire, encore moins celui de vous publier. » Grossier, n’est-ce pas ? Mais très réaliste, car les textes envoyés ne sont pas lus par tous les comités de lecture. Loin s’en faut !
Donc à chaque refus, il faut rebondir, continuer à écrire, ne jamais se démoraliser… et cela finit par porter ses fruits !

Quels sont les éditeurs vers lesquels ils pourraient trouver une écoute?

Tout dépend de l’âge des « lecteurs ciblés », du style de textes et d’histoires. Il est difficile de noter ici « Adressez-vous à celui-ci, mais surtout pas à celui-là ! »

En tout cas, il ne faut pas accepter de publications à compte d’auteur… car les livres ne sont pas diffusés.

Réalisez-vous également vos illustrations ou faites-vous appel à un illustrateur? 

La plupart du temps, c’est l’éditeur qui choisit l’illustrateur ou illustratrice. Mais il m’est arrivé de choisir avec qui j’avais envie de travailler. Inversement, des illustrateurs ont demandé à ce que j’écrive leurs textes. Depuis 1978, mes textes ont été illustrés par de très nombreux illustrateurs.

J’ai illustré mes livres quand il s’agissait de photos… et pour un livre, PINCEMI, LE PETIT CRABE, que j’ai réalisé en tissu pour les éditions Grasset. Les « textiles » ont ensuite été photographiés par Olivier Mériel, un artiste-photographe normand que j’apprécie beaucoup.
Quand un illustrateur « s’approprie » mon texte, il lui apporte une nouvelle dimension il a un nouveau regard sur ce que j’ai écrit. Cette co-création est très positive. Il m’est arrivé de modifier le texte, en tenant compte de détails se trouvant dans les illustrations… ou quelquefois d’erreurs.
Réalisation textile : Ann Rocard — Dans « Pincemi, le petit crabe » aux éditions Grasset — extraits
 Pincemi pincemi-bulles pincemi-chatouillemoi

Votre histoire préférée parmi celles que vous avez écrites et parmi celles d’autres auteurs?

C’est comme si vous me demandiez de choisir parmi mes quatre fils celui que je préfère !

J’ai un faible pour mes nouvelles pour adultes… et pour LE SECRET DU MONT-SAINT-MICHEL aux éditions Corlet (http://www.corlet-editions.fr/ann-rocard,fr,5,250.cfm), à cause de cette petite fille qui s’en sort toute seule et réalise son rêve, de Dagobert son chat sympa, du lieu où se déroule l’histoire… mais aussi car j’aime soutenir les petits éditeurs indépendants.

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Parmi les histoires des autres auteurs, j’ai toujours beaucoup aimé « Ronya, fille de brigand » d’Astrid Lindgren que nous lisions quand mes fils étaient petits.
Votre conte de fées préféré? pourquoi?

LA REINE DES NEIGES… Le véritable conte qu’Andersen avait repris à partir d’un conte ancien et qui est très différent du film d’animation récent. 

Pourquoi ce conte ? Quand j’étais enfant, il n’y avait pratiquement pas de livres à la maison. Je me souviens d’un album dans lequel je me plongeais quand on allait chez des voisin de temps en temps. J’ai encore les illustrations devant les yeux, les étoiles de neige qui virevoltent. La Reine des neiges, emportant le petit garçon dans le blizzard…

Si vous pouviez choisir de vivre dans un monde imaginaire, comment le décririez-vous?

Sans guerre ni de violence, un monde de paix et de rires, dont les couleurs et les parfums varieraient d’un jour à l’autre. Un monde de musique et de lumières…

Votre moment préféré de la journée?

L’instant « jardin » entre fleurs, désherbage ou plantations… ou bien quand mes petits-enfants arrivent chez moi en appelant depuis la rue « Nanou ! Nanou! » (mon surnom de petite fille).

Une photo de chacun de vos 3 objets préférés

Trois seulement ? Aïe, ça va être difficile de choisir entre toutes mes passions. Je me jette à l’eau… au sens figuré, car je ne peux pas considérer la « mer » comme un objet.

La machine à coudre que j’ai depuis l’âge de 23 ans ! Avec laquelle je réalise « textes-îles » (http://www.annrocard.com/articles.php?lng=fr&pg=1848) et costumes de théâtre.
Je triche un peu… ma flûte-guitare, deux en un pour symboliser la musique !
Et je triche encore ! ma trottinette au milieu des fleurs pour symboliser le sport et la nature.
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Cela pourrait intéresser beaucoup de lectrices. Où et quand avez vous croisé la dernière fois le prince charmant?

Question piège ! Que font les princes charmants quand ils ont épousé la princesse et eu beaucoup d’enfants ? Ils déraillent souvent, changent de voie ferrée, parfois 40 ans plus tard… C’est d’ailleurs le thème d’une de mes pièces en cours. Moralité : ne jamais rencontrer un prince quand on n’a pas encore 17 ans comme ce fut le cas d’une jeune fille naïve et confiante qui me ressemble beaucoup. Et pour répondre à votre question, le vrai prince charmant est encore à l’horizon ! Mais j’ai confiance.

Une petite histoire pour la route?
La poudre à rire. Mais je ne vous la dévoilerai que dans le prochain post. En attendant, je lance un petit concours d’illustration pour cette histoire. Inspirez vous du titre. Lou, je compte sur toi 🙂 Un petit livre Minus à la clé!

 

 

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